L’Organisation mondiale de lutte contre la torture (OMCT) a publié le 25 juin dernier le nouvel Index mondial de la torture. Cet outil scientifique, destiné à évaluer le risque d’exposition à la torture dans les pays, a été présenté vendredi à Lomé aux organisateurs de défense des droits humains par le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) et le CDFDH. Ce rapport classe le Togo dans la catégorie de risque considérable en matière de torture.
Le « Global Index on Torture » repose sur 400 indicateurs couvrant divers aspects juridiques, institutionnels et pratiques liés à la torture. Il vise à la fois à mesurer le risque de subir des actes de torture et à évaluer la conformité des législations nationales à la Convention contre la torture des Nations Unies.
Cet index se veut un outil d’aide à la décision pour les États, la société civile et les institutions internationales, en fournissant un diagnostic global de la situation et en mettant en lumière les points de blocage ainsi que les marges d’amélioration.
Le Togo face au risque : une position intermédiaire
Sur les sept pays africains ayant été évalués lors de cette phase pilote, le Togo se classe dans la catégorie des pays à « risque considérable ». Cette position, intermédiaire entre « risque élevé » et « risque faible », place le pays dans une situation relativement meilleure que celle de la République démocratique du Congo, du Cameroun ou de la Libye, où les risques sont jugés très élevés.
« Cependant, cela ne signifie pas que le Togo est épargné par le phénomène. Tous les pays évalués présentent un risque d’exposition à la torture. Aucun n’est totalement exempt », a nuancé Guy Valère Badanaro, le Coordonnateur du programme régional Afrique du CACIT.
M. Badanaro insiste sur le fait que la torture demeure une réalité latente, même dans les systèmes judiciaires plus stabilisés.
Les documentations ayant abouti à ce rapport ne prennent pas en compte les récents événements issus des manifestations au Togo les 6, 26, 27 et 28 juin derniers.
Selon Bruno Germain Haden, secrétaire général, de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), il y a la possibilité que le Togo voie sa position empirer dans le prochain classement en raison des récentes violences enregistrées au cours de ces manifestations.
Qu’à cela ne tienne, le classement futur dépendra de l’évolution de la situation sur plusieurs fronts, notamment en matière de détention, de procédures judiciaires et de respect des droits fondamentaux.
3 recommandations de l’OMCT au Togo
Le rapport émet plusieurs recommandations clés à l’attention du gouvernement togolais. Pour l’OMCT, le Togo doit impérativement harmoniser son droit interne avec les obligations de la Convention contre la torture. Cela implique des réformes législatives et une meilleure application des lois existantes.
L’Organisation recommande aussi l’amélioration des conditions de détention. Le pays fait face à une surpopulation carcérale chronique et à un taux élevé de détentions préventives, deux facteurs aggravants du risque de torture. Une réforme en profondeur du système pénitentiaire est nécessaire.
Enfin, l’OMCT souhaite le renforcement des mécanismes d’enquête et de réparation. Il s’agit notamment de garantir des enquêtes impartiales en cas de torture présumée et d’assurer des voies de recours efficaces pour les victimes.
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