L’Association des sourds du Togo (AST) a célébré vendredi, à Lomé, la Journée internationale des langues des signes et la Journée mondiale des sourds en différé. L’activité, qui a permis de mettre un focus sur la langue des signes, a été ouverte par N’Koué Bakpatoi, représentant du ministère des solidarités. L’objectif de cette initiative est de promouvoir les droits et le bien-être des personnes sourdes au sein de la société togolaise.
Cette année, l’événement s’est tenu sous le thème : « Pas de droits humains sans droit à la langue des signes ».
Les échanges ont porté sur l’importance de la langue des signes pour une réelle inclusion. Les organisateurs ont rappelé qu’une personne sourde peut tout faire, sauf entendre et parler. Mais pour cela, elle doit avoir accès à la communication.
« Nous voulons sensibiliser toute la communauté au droit des personnes sourdes. Parce que ce sont ces droits qui donnent accès aux personnes sourdes à l’emploi, à l’éducation et à la santé. Ce que nous faisons avant tout, c’est œuvrer pour l’accessibilité. Aujourd’hui, comme vous le voyez, c’est une activité célébrée partout dans le monde et dans la sous-région. Les personnes sourdes sont unies pour promouvoir le droit à la langue des signes et faire en sorte que toutes les barrières soient levées », a expliqué Abla Patsoh Amouzou, présidente de l’AST.
Sans langue des signes, une personne sourde n’a pas accès à l’emploi, à l’éducation ni à la vie sociale.
Les participants ont également insisté sur la responsabilité des parents d’enfants sourds. Selon les statistiques, environ 95 % des enfants sourds naissent de parents entendants. Ces derniers doivent apprendre la langue des signes pour mieux communiquer et éduquer leurs enfants. Les personnes malentendantes sont confrontées à plusieurs barrières au quotidien.
« Le plus difficile, c’est la communication. Dans les écoles, les hôpitaux, les administrations, peu de gens comprennent la langue des signes. Parfois, on ne peut pas expliquer nos problèmes. Cela fait mal. Nous voulons être compris comme tout le monde. Je veux que la langue des signes soit enseignée dans les écoles et utilisée dans les services publics. Que les parents d’enfants sourds puissent apprendre à communiquer avec eux. Et que les autorités recrutent des interprètes dans les institutions. La langue des signes, c’est notre voix. Sans elle, nous ne pourrions pas participer à la vie du pays », a plaidé Olivier Sossoukpè, un participant sourd.
L’association espère que cette journée de sensibilisation permettra d’ouvrir les esprits et d’encourager une meilleure prise en compte de leurs besoins. L’AST rappelle enfin que la langue des signes est un droit fondamental, un outil de liberté et d’expression. Promouvoir son usage, c’est bâtir une société où chacun a sa place et sa voix.
Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails



