À Lomé comme en région, c’est une annonce qui ne laisse pas indifférent. Essozimna Marguerite Gnakadè, ancienne ministre des Armées du Togo (2020-2022), n’abandonne pas ses voies. Dans une courte vidéo publiée mardi, ce proche parent de Faure Gnassingbé, chef de l’exécutif togolais, a annoncé sa participation à la mobilisation citoyenne prévue le 30 août prochain, une initiative portée par le Mouvement du 6 juin (M66).
« Chers compatriotes, le 30 août 2025, je ferai ma part. Je marcherai sur les trottoirs aux côtés de la jeunesse togolaise… », déclare-t-elle, appelant ses concitoyens à « vaincre la peur » et à occuper pacifiquement les trottoirs du pays.
L’ancienne ministre, connue pour avoir été la première femme à occuper le portefeuille des Armées au Togo, n’a pas mâché ses mots : « Non à la peur, non à la répression, non à l’injustice, non à la mauvaise gouvernance, non à l’impunité. Oui au départ de Faure Gnassingbé. »
Cette sortie marque une nouvelle étape dans la logique qu’elle a adoptée depuis sa rupture nette, il y a quelques mois, avec sa posture passée de haute responsable de l’État. En rejoignant publiquement une mobilisation citoyenne à caractère contestataire, Marguerite Gnakadè réaffirme son positionnement clair dans le camp des voix dissidentes.
« Faire sa part », d’après Marguerite Gnakadè
La mobilisation prévue le 30 août s’inscrit dans une dynamique singulière. Depuis plusieurs années, les manifestations publiques sont systématiquement interdites par les autorités, souvent au nom de la sécurité et de l’ordre public. Le M66 — mouvement citoyen rassemblant artistes, activistes et influenceurs — a donc opté pour une « marche sur les trottoirs », un format présenté comme légal et qui serait difficile à réprimer, puisque chaque citoyen est invité à circuler sur les voies publiques sans attroupement classique.
Le discours de Gnakadè met en lumière cette tactique. « Sortons avec dignité, sans violence, mais avec détermination. Chaque citoyen compte. Père, mère, militaire comme civil, religieux, jeune, chacun a un rôle essentiel à jouer. Le pouvoir appartient au peuple, et ce peuple, c’est nous. », a-t-elle lancé.
Un geste à portée symbolique
La participation d’une ancienne ministre de la Défense à une mobilisation contre le régime de Faure Gnassingbé confère à l’appel du M66 une légitimité nouvelle. Elle pourrait aussi fragiliser davantage le rapport de force entre une jeunesse togolaise de plus en plus mobilisée sur les réseaux sociaux et un pouvoir qui n’entend plus badiner avec l’espace politique.
Reste à savoir si l’appel de Marguerite Gnakadè saura franchir le pas de la rue. La date du 30 août constituera un test pour cette stratégie citoyenne inédite et pour la capacité de l’opposition informelle à transformer l’indignation numérique en action collective réelle.
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