Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées et membre de la famille présidentielle, a été inculpée et placée sous mandat de dépôt vendredi soir. Par la même occasion, on apprend que son fils, Jonathan Gnassingbé, conduit à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) jeudi dernier, a pu être libéré.
Pour l’heure, la justice n’a pas encore communiqué sur le dossier. C’est la défense de l’ancienne ministre des armées qui prend l’initiative d’informer l’opinion.
« Les charges retenues sont multiples : atteinte à la sécurité intérieure de l’État, trouble aggravé à l’ordre public et incitation de l’armée à la révolte », a précisé Me Elom Kpadé, son avocat.
Longtemps restée en retrait après son passage au gouvernement, Marguerite Gnakadé est revenue sur le devant de la scène politique ces derniers mois avec des prises de position particulièrement virulentes contre le régime de Faure Gnassingbé.
Dans plusieurs déclarations publiques, dont une vidéo largement relayée, elle a affirmé que « le temps du silence est terminé », appelant à « un Togo nouveau, libre, juste, réconcilié et tourné vers l’avenir ». Elle est même allée plus loin en demandant la démission du président du Conseil, estimant que « laisser Faure Gnassingbé au pouvoir encore, ne changera rien ».
Un geste de défi de Marguerite Gnakadé
Le 30 août, l’ancienne ministre avait franchi une nouvelle étape en participant symboliquement à un appel à manifester lancé sur les réseaux sociaux. Elle avait brièvement sillonné les rues de son quartier à Lomé avant d’être stoppée par les forces de l’ordre. Un geste que le pouvoir a interprété comme une incitation directe à la contestation.
La mise en détention de Marguerite Gnakadé, issue du sérail, confère à cette affaire une portée particulière. Son interpellation mercredi, suivie de son inculpation, intervient dans un contexte de forte crispation politique, marqué par une multiplication d’appels à manifester relayés sur les réseaux sociaux et portés par des acteurs de la société civile.
Pour plusieurs observateurs, son arrestation illustre une dérive répressive et une volonté de museler toute voix dissidente. Mais dans les cercles du pouvoir de Lomé, on estime, elle constitue au contraire une réponse à ce qu’on considère comme des menaces graves à l’ordre public et à la sécurité nationale.
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