Pour la troisième fois consécutive, les autorités togolaises ont interdit une manifestation projetée par des organisations de la société civile. La marche citoyenne, prévue pour le samedi 9 août 2025 à Lomé, visait à rendre hommage aux victimes des récentes manifestations qui ont secoué le pays. Une interdiction notifiée par une lettre officielle du ministre de l’Administration territoriale, le Colonel Hodabalo Awaté, adressée au bureau de l’ONG Novation Internationale, organisatrice de l’événement.
Dans sa correspondance datée de ce jeudi, le ministre évoque plusieurs raisons pour justifier sa décision. D’abord, il affirme que le contexte actuel serait marqué par des tensions persistantes et des appels à la haine sur les réseaux sociaux. Selon lui, « le contexte n’augure pas un climat serein pour l’encadrement d’une manifestation même pacifique ». Il ajoute qu’une information judiciaire est déjà ouverte afin de faire toute la lumière sur les décès survenus lors des manifestations de juin dernier, dont plusieurs victimes retrouvées dans les lagunes de Lomé.
Le ministre insiste également sur le fait que le parcours choisi par les organisateurs, notamment le long de la lagune de Bè – zone où certains corps ont été repêchés – représenterait un risque élevé de bousculades et de troubles à l’ordre public.
Marche citoyenne d’une société civile sous pression
Cette troisième interdiction consécutive, justifiée par les autorités au nom de l’ordre public, est perçue comme une restriction supplémentaire des libertés publiques par de nombreuses organisations citoyennes.
Pour les organisateurs, cette marche citoyenne n’était ni un acte politique ni une remise en cause de la justice, mais une démarche symbolique pour dire « non à la violence » et appeler à la vérité et à la réconciliation.
Depuis les manifestations des 26, 27 et 28 juin, qui ont été violemment réprimées, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer l’absence de transparence dans l’enquête sur les morts et disparitions. Des corps repêchés dans les eaux de Lomé avaient provoqué une vive émotion, renforçant la pression sur les autorités.
La gestion des mouvements sociaux par le gouvernement togolais reste un sujet de vives critiques, tant sur le plan local qu’international. Pour l’heure, aucune date alternative n’a été proposée, et l’ONG Novation Internationale n’a pas encore réagi officiellement à la notification ministérielle.
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