Les résultats définitifs des élections municipales du 17 juillet dernier dans la commune du Golfe 4, l’une des plus disputées de la capitale togolaise, ont révélé un paysage fragmenté : six conseillers pour l’Union pour la République (UNIR), le parti présidentiel, contre cinq pour l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, actuel maire. Autour de ces deux blocs dominants gravitent une mosaïque de petites formations et d’indépendants. Cette configuration, où aucun camp ne détient une majorité absolue, alimente depuis plusieurs semaines les spéculations sur l’avenir de M. Fabre à la tête de cette municipalité stratégique.
En dehors de UNIR et de l’ANC, les autres forces en présence sont l’UFC (2 sièges), les FDR (2), TOVIA (2), BATIR (1), la DMP (1), le PSR (1), les Humanistes (1), l’EPA (1) et l’ACP (1). Ces formations politiques et associations auront un rôle fort à jouer pour déterminer la majorité devant prendre le contrôle de la mairie.
Eric Dupuy, porte-parole de l’ANC, tente de dissiper les rumeurs. Selon lui, la bataille ne se joue pas dans l’ombre d’hypothétiques tractations avec le pouvoir mais dans la capacité de chaque bloc à rallier les petites formations.
« Dans la commune du Golfe 4, il y a une voix qui sépare l’UNIR et l’ANC. Or, chaque bloc a ses amis. Si un bloc arrive à rassembler plus largement autour de lui, il a toutes les chances d’être élu », explique-t-il.
Bataille symbolique de Jean-Pierre Fabre dans Golfe 4
Ce rappel souligne l’importance des micro-partis et des élus indépendants dans le jeu municipal. Loin de constituer des forces politiques structurées, ces acteurs deviennent, dans les équilibres précaires, des faiseurs de roi, capables d’infléchir l’issue du scrutin interne pour l’élection du maire.
Pour l’opposant historique Jean-Pierre Fabre, l’enjeu dépasse la simple reconduction à son poste. Il s’agit de préserver une vitrine politique dans une capitale où l’UNIR conserve une mainmise quasi hégémonique. Le contrôle de la mairie du Golfe 4, l’un des poumons économiques et sociaux de Lomé, reste un espace de visibilité et d’ancrage pour une opposition souvent réduite à l’impuissance au niveau national.
La règle électorale, qui prévoit qu’en cas de ballotage le plus âgé des candidats soit désigné, constitue une ultime variable pouvant peser sur l’issue. Mais elle traduit surtout la fragilité d’un système local où la compétition démocratique se dilue dans les calculs arithmétiques et les ralliements circonstanciels.
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