Mixx by Yas

Togo : 19 manifestants condamnés, 12 relaxés

Didier ASSOGBA
3 Min Read

Après plus de huit heures d’audience, le tribunal de grande instance de Lomé a rendu son verdict vendredi 4 juillet 2025, dans le cadre du procès de 31 manifestants arrêtés lors des mobilisations qui ont secoué le Togo les 26, 27 et 28 juin derniers. Une journée marquée par des plaidoiries tendues, des récits d’interpellations musclées, et un verdict qui confirme les tensions persistantes entre pouvoir judiciaire et société civile.

Au terme des débats, 11 prévenus ont été relaxés pour insuffisance de preuves. Un mineur poursuivi dans le même dossier a, lui aussi, bénéficié d’une libération immédiate, au bénéfice du doute.

- Advertisement -

En revanche, 19 autres manifestants ont été reconnus coupables de trouble aggravé à l’ordre public, une infraction souvent invoquée par les autorités togolaises dans les dossiers de contestation politique ou sociale. Le tribunal les a condamnés à 12 mois de prison, dont 11 mois assortis de sursis, soit un mois ferme à purger immédiatement.

Une défense collective des manifestants

Les prévenus ont été assistés par un collectif d’avocats composé de Me Darius Atsoo, Me Célestin Agbogan et Me Elom Kpadé, figures connues du barreau togolais pour leur engagement dans les causes relatives aux droits humains. À l’issue de l’audience, les avocats ont salué les décisions de relaxe tout en dénonçant la légèreté des charges ayant conduit à la condamnation des 19 autres.

- Advertisement -

Les avocats ont souligné le caractère excessif de la procédure, affirmant que leurs clients n’avaient pas été notifiés des charges dans les délais, une violation des droits garantis par la Constitution togolaise et les traités internationaux.

Cette audience fait suite à une vague d’interpellations ayant eu lieu dans le sillage des récentes manifestations organisées principalement à Lomé, pour protester contre la gouvernance économique et politique du régime de Faure Gnassingbé. Les manifestations avaient été violemment dispersées par les forces de sécurité, provoquant des blessés et des arrestations massives.

- Advertisement -

Le procès, très attendu par les familles des détenus et les organisations de la société civile, s’est déroulé sous haute surveillance.

Depuis plusieurs semaines, la pression judiciaire et sécuritaire s’intensifie au Togo, à mesure que le climat social se crispe. Des coupures d’Internet non annoncées, des restrictions sur les réseaux sociaux, et désormais des poursuites contre des manifestants, nourrissent les critiques contre une stratégie de répression.

Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp

TAGGED:
Share This Article