Au Togo, la campagne électorale pour les municipales, prévues le 17 juillet prochain, a officiellement débuté mardi 1er juillet à minuit. Elle se poursuivra jusqu’au 15 juillet, soit deux semaines de mobilisation politique intense dans les 117 communes du pays. A l’arrivée, 1 527 conseillers municipaux doivent être élus en lieu et place de ceux qui ont été élus le 30 juin 2019.
Ce processus démocratique, habituellement rythmé par des meetings, débats et échanges avec les électeurs, se déroule cette année dans un climat particulièrement tendu.
Depuis le 6 juin dernier, le pays est secoué par des manifestations récurrentes, alimentées par une profonde crise sociale et politique. Ce contexte de contestation généralisée jette une ombre sur le bon déroulement du processus électoral. De nombreux observateurs s’inquiètent de la faible mobilisation des électeurs et des risques de perturbation.
Appels au boycott et demandes de report
Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes, blogueurs et influenceurs ont lancé des appels au boycott du scrutin. Pour eux, la tenue des municipales 2025 dans un climat aussi délétère ne ferait que masquer les véritables urgences du pays. Certains dénoncent un processus électoral précipité, sans véritable dialogue national préalable.
Du côté des partis politiques, plusieurs formations de l’opposition réclament un report sine die du scrutin. Ils estiment que les conditions sécuritaires et politiques ne sont pas réunies pour garantir des élections municipales libres, transparentes et inclusives.
« Il est indécent, irresponsable voire dangereux de maintenir une campagne électorale puis un scrutin dans les circonstances où les libertés publiques sont bafouées, plusieurs citoyens sont morts, d’autres blessés et d’autres encore emprisonnées et que la sécurité des citoyens n’est plus garantie » ont écrit ADDI, CAR, DMP, LDP, PSR et Santé du Peuple dans un communiqué publié lundi.
Le gouvernement rassure pour la campagne électorale
Face à la montée des inquiétudes et à la défiance grandissante, le gouvernement a publié dimanche un communiqué destiné à rassurer les populations. Les autorités y affirment avoir pris toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des candidats, des électeurs et du matériel électoral.
« Le gouvernement tient à garantir la sérénité du processus électoral. Il invite les citoyens à exercer leur droit de vote dans le calme et le respect des institutions républicaines », peut-on lire dans le texte.
Des dispositifs de sécurité renforcés seraient prévus dans les zones identifiées comme sensibles, notamment là où les manifestations ont été les plus virulentes ces dernières semaines.
Au-delà de la désignation des futurs élus municipaux, ces élections locales revêtent une dimension symbolique et politique. Dans un contexte de crise de confiance entre la population et les institutions, le taux de participation sera scruté de près.
Un fort taux d’abstention pourrait être interprété comme un désaveu du pouvoir en place, tandis qu’une mobilisation importante serait présentée comme une victoire du processus démocratique.
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