La 5ᵉ édition du programme Heal by Hair bat son plein à l’Université de Lomé. Portée par la Bluemind Foundation, cette initiative pionnière forme des coiffeuses à devenir des ambassadrices de la santé mentale. L’objectif est de briser le silence autour d’un sujet encore tabou sur le continent africain. Lundi, lors de la cérémonie d’ouverture, Marie-Alix de Putter, la présidente de l’organisation a rappelé les ambitions de cette démarche innovante.
Cette formation entend transformer 400 coiffeuses en actrices communautaires de la santé mentale, capables d’écouter, d’accompagner et de soutenir les femmes dans leurs moments de fragilité.
« Heal by Hair est le premier mouvement de coiffeuses ambassadrices de la santé mentale en Afrique. Il repose sur une conviction simple : il n’y a pas de bien-être global sans santé mentale. Cette cinquième édition s’annonce historique. Au total 400 nouvelles coiffeuses ont été sélectionnées à Lomé, soit dix fois plus que les cohortes précédentes. L’ambition est d’atteindre un million de femmes accompagnées d’ici 2027, avec une extension du programme prévue à Kara en juillet 2026 », a-t-elle déclaré.
L’initiative bénéficie du soutien du Fonds d’Innovation pour le Développement (FID), des autorités togolaises et du président de l’Université de Lomé, qui a ouvert le campus à cette formation inclusive et sociale.
Pendant une semaine, les participantes sont formées par des psychiatres, psychologues et experts africains et internationaux. La formation inclut un suivi de 6 mois et une évaluation scientifique pour mesurer l’impact réel du dispositif sur le terrain.
Bluemind Foundation et la “démédicalisation du soin”
Au cœur du projet, la Bluemind Foundation défend une approche de “démédicalisation du soin”, en intégrant la prévention et l’écoute dans les lieux de vie du quotidien. Les salons de coiffure deviennent ainsi de véritables espaces de bienveillance, où la parole se libère et la confiance s’installe.
« Derrière chaque coupe de cheveux, il y a des confidences, des blessures, des silences. Les coiffeuses apprennent à transformer ces moments en instants de soin, d’écoute et de résilience. Nous rêvons d’une coopération régionale en santé mentale, portée par les Africains eux-mêmes et au service des Africains. De Douala à Lomé, de la douleur à la dignité, nous bâtissons une Afrique du soin, du courage et de la résilience. Ce qui se joue ici dépasse nos frontières, c’est une nouvelle page de la souveraineté africaine en santé mentale », a souligné Mme de Putter.
Basée à Lomé, « le pays de cœur » de sa fondatrice camerounaise, la Bluemind Foundation collabore avec des experts venus du Cameroun et de Côte d’Ivoire, dont le professeur Samuel Traoré et le Dr Eyoum Christian, psychiatres impliqués dans la formation.
Aujourd’hui, la fondation s’impose comme un acteur majeur en matière de santé mentale en Afrique, transformant des gestes simples (coiffer, écouter, parler) en actes de soin et de dignité. Depuis son lancement, le programme a formé plus de 400 coiffeuses au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Togo, permettant à près de 100 000 femmes d’être accompagnées et écoutées.
Notons que l’Université de Lomé devient la première université africaine à héberger un programme de santé mentale communautaire de cette ampleur. Selon le Professeur Joseph Tsigbe, c’est une manière forte de rappeler que l’université doit briser le mythe, aller vers les populations pour un service inclusif et social.
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