Le ton est monté d’un cran entre le Burkina Faso et les Nations unies. Lundi 18 août, le porte-parole du gouvernement burkinabè, Gilbert Ouédraogo, a annoncé à la télévision nationale que Carol Flore-Smereczniak, coordonnatrice résidente du Système des Nations unies, était déclarée « persona non grata » sur le territoire burkinabè.
Tout est parti du rapport intitulé « Les enfants et le conflit armé au Burkina Faso ». Pour les autorités burkinabé, il s’agit d’un rapport « mensonger », « sans fondement » et « biaisé ». Selon elles, ce document aurait été coprésidé par la responsable onusienne et élaboré par une équipe spéciale pays, sans concertation préalable avec les institutions nationales.
Le rapport en question, élaboré dans le cadre de la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité, aborde les violations graves commises contre les enfants dans le contexte sécuritaire burkinabè. Mais le gouvernement dénonce un texte rédigé dans « un style narratif citant indistinctement terroristes et forces de défense et de sécurité », et qui ressemblerait à « une compilation d’affirmations sans preuves ni enquêtes judiciaires ».
Le ministre de la Communication regrette notamment l’absence de pièces justificatives, telles que des jugements ou rapports officiels, pour étayer les accusations portées contre l’armée burkinabè.
Coopération fragilisée entre le Burkina Faso et l’ONU
Pour Ouagadougou, le rapport traduit un « mépris total » envers les autorités locales, qui n’auraient ni été associées à son élaboration, ni informées de ses conclusions. Le gouvernement reproche aussi à certaines agences onusiennes une utilisation « équivoque » de certaines terminologies, qu’il perçoit comme une tentative de « légitimer » les violences terroristes auxquelles le pays fait face depuis près d’une décennie.
Dans ce contexte, l’exécutif burkinabè estime que Carol Flore-Smereczniak « n’est plus une interlocutrice crédible » pour préserver la coopération avec l’organisation internationale.
Ce bras de fer s’inscrit dans une relation déjà tendue entre Ouagadougou et ses partenaires internationaux. Depuis la prise de pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, le Burkina Faso a multiplié les mises en garde contre les ONG et agences multilatérales jugées trop critiques de sa stratégie sécuritaire.
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